Diasporas francophones : les entrepreneurs récompensés au cœur de la République
Le 9 avril 2026, le Palais d'Iéna accueillait la 3e édition de l'Excellence Entrepreneuriale des Diasporas Francophones. Un signal fort : Paris reconnaît enfin les diasporas comme acteurs économiques à part entière.
Le CESE, un choix symbolique
Il faut parfois un lieu pour que les mots prennent tout leur sens. En ouvrant les portes du Conseil Économique, Social et Environnemental à des entrepreneurs issus des diasporas francophones, la France a envoyé un message clair : ces communautés ne sont plus en marge du débat économique, elles en sont désormais parties prenantes.
Organisée par le Groupement du Patronat Francophone (GPF), qui fédère 60 associations patronales représentant près d’un million d’entreprises à travers l’espace francophone , la soirée affichait une ambition assumée : démontrer que les diasporas ne sont pas des bénéficiaires passifs du développement, mais en sont les architectes.
La qualité des intervenants témoignait du sérieux de l’initiative. Thierry Beaudet (président du CESE), Aurore Bergé (ministre chargée de l’Égalité), Amélia Lakrafi (Assemblée Parlementaire de la Francophonie) et Amir Reza-Tofighi (président de la CPME) ont pris la parole, ancrant l’événement à la croisée du politique, de l’institutionnel et du monde des PME.
Deux tables rondes ont structuré les débats : l’une sur le rôle de la culture et de la gastronomie comme leviers du dialogue francophone, l’autre sur la question centrale : la francophonie constitue-t-elle un atout compétitif mondial ?
Une question à laquelle Conrad Gbaguidi, président du Conseil Économique et Social du Bénin, et Raoul Delamare, président de la Chambre de Commerce Franco-Arabe, ont apporté des réponses concrètes et documentées.

Une exposition monétaire inédite : quand l'histoire parle d'elle-même

Le GPF présentait, pour la première fois au monde, une collection de billets de banque francophones couvrant plus de trois siècles d’histoire monétaire, du XVIIIe siècle au XXIe siècle. Des billets d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb, des Antilles et d’Europe centrale réunis sous un même toit, comme autant de fragments d’une histoire économique partagée.
Au-delà de l’aspect muséographique, le message était éminemment politique : la francophonie a une profondeur historique, une densité d’échanges commerciaux et une trajectoire commune qui la constituent en véritable espace économique et non en simple héritage culturel à préserver.
Quatre trophées, quatre modèles à suivre
Le clou de la soirée : la remise de quatre trophées récompensant des parcours d’exception dans les domaines de l’écologie, des industries culturelles, de la gastronomie et du leadership féminin. Abdellah Boudour et Kelly Massol ont un reçu un Prix de la Francophonie 2026.

La francophonie, un marché encore sous-exploité
Avec 29 pays partageant le français comme langue officielle, et un espace commun de plus de 300 millions de locuteurs, la francophonie représente une infrastructure relationnelle et économique considérable, encore largement sous-activée. Le GPF entend y remédier, en s’appuyant sur quatre piliers : digitalisation des PME, internationalisation, inclusion des femmes et transition écologique.
Le message du 9 avril est simple, mais structurant : les diasporas ne sont plus des communautés en exil. Elles sont devenues des moteurs de la croissance mondiale. Et Paris, ce soir-là, a semblé prête à l’entendre.