Siimmoaf 2026 : la soirée de l'Investissement Immobilier en Afrique

Le 19 novembre prochain, l’InterContinental Paris-Champs-Élysées accueillera des décideurs, promoteurs et membres de la diaspora. Un seul objectif affiché : sortir l’immobilier africain du flou et des mauvaises surprises.

Le rendez-vous se tient au 64 avenue Marceau, dans un format volontairement restreint. Ouverture des portes à 18h30, clôture à 23 heures. Allocution, panels sur les opportunités en Afrique de l’Ouest, tendances de l’immobilier commercial, mécanismes de crédit, présentation de projets, questions-réponses puis cocktail dînatoire. Aucun billet ne sera vendu sur place. Les organisateurs insistent : l’intimité prime. Trop d’événements diluent les échanges. Ici, on veut que les conversations comptent.

Pourquoi venir au SIIMMOAF ?

Pour ceux qui en ont assez d’envoyer de l’argent au pays sans savoir exactement où il finit. Pour les professionnels qui cherchent des partenaires vérifiés. Pour les banquiers qui veulent comprendre les spécificités du financement cross-border. La précédente édition avait rassemblé près de 120 personnes. Cette fois, le cercle reste fermé. On y vient pour croiser des interlocuteurs triés, entendre des chiffres réels et sortir avec des contacts exploitables, pas avec une pile de brochures.

L’enjeu est simple. La diaspora transfère des milliards chaque année. Une part croissante de ces flux vise l’immobilier. Pourtant, trop d’investisseurs se retrouvent encore face à des titres contestés, des délais interminables ou des interlocuteurs opaques. La SIIMMOAF veut réduire ce risque en mettant les acteurs face à face.

Trois pays, un même besoin

La Côte d’Ivoire, La Guinée et le Bénin seront à l’honneur de cet événement. Les données officielles et les estimations d’institutions internationales convergent : l’offre formelle de logements n’arrive pas à suivre.

En Côte d’Ivoire, selon Babi.immo, le déficit cumulé dépasse les 800 000 unités. À Abidjan, les ventes notariées inscrites au Livre foncier sont passées de 5 264 en 2024 à 6 042 en 2025. Les rendements locatifs bruts oscillent souvent entre 8 et 14 % selon les quartiers. La diaspora ivoirienne a envoyé près de 939 milliards de francs CFA en 2025. Une partie significative continue d’alimenter le secteur. Les programmes de logements sociaux progressent, mais le retard reste massif.

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En Guinée, les chiffres sont plus brutaux. Les travaux s’appuyant sur des données de la Banque mondiale évoquent un déficit de l’ordre de 1,4 million d’unités et une demande annuelle autour de 100 000 logements. Le recensement de 2025 place la population à plus de 17,5 millions d’habitants, dont 3,4 millions à Conakry.
La densification de la presqu’île accentue la pression foncière. Le FMI place le pays en tête des prévisions de croissance en Afrique de l’Ouest pour 2026. La demande immobilière suivra.

Au Bénin, Cotonou, Porto-Novo et Abomey-Calavi concentrent l’essentiel de la tension urbaine. La population augmente, les besoins en logements et en infrastructures aussi. Le marché se formalise progressivement, mais l’écart entre offre et demande demeure large.

Dans les trois cas, le même constat s’impose : l’immobilier n’est plus seulement un placement sentimental. C’est un secteur où la qualité du titre, la transparence du promoteur et l’accès au crédit font la différence entre un patrimoine et une perte sèche.

Le club immobilier derrière la soirée

La SIIMMOAF est portée par le Club immobilier Europe Afrique, le CIEPA. Créé en juillet 2023, présidé par Sidonie N’Guessan, avec Alassane Dembélé comme vice-président. L’association s’est donné pour mission de restaurer la confiance de la diaspora et de sécuriser les investissements. Elle sélectionne ses partenaires professionnels, organise des rencontres et tente de faire le pont entre les deux continents.Sidonie N’Guessan assume un discours direct : trop d’épargnants de la diaspora ont perdu de l’argent faute d’information fiable et de réseaux solides.

Le CIEPA veut inverser la tendance. Pas en multipliant les grands-messes, mais en construisant un cercle où l’on parle chiffres, risques et solutions concrètes?

Le 19 novembre, avenue Marceau, le test sera simple. La diaspora est-elle prête à exiger plus de transparence ? Les acteurs africains sont-ils prêts à la fournir ? Les places partent. Ceux qui resteront dehors regarderont peut-être, plus tard, les projets se réaliser sans eux.

Chris Ndilou
Author: Chris Ndilou

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