Qu'est-ce qu'être Congolais ? Luccia Ongouya lance un appel pour sauver la mémoire d'un peuple
Avant la colonisation, pendant, puis après les indépendances : que sait-on vraiment de l'histoire congolaise ? Médiatrice culturelle suivie par des milliers d'internautes, Luccia Ongouya lance une cagnotte pour documenter ces récits avant qu'ils ne s'effacent.
Une médiatrice, pas une influenceuse
Luccia Ongouya n’aime pas qu’on la qualifie d’influenceuse : elle se définit avant tout comme « médiatrice culturelle congolaise ». Autrice de deux livres, « Les couleurs du destin » (2016) et « Nouvelle destinée » (2020), elle fédère sur les réseaux sociaux quelque 150 000 abonnés autour de la littérature, de l’histoire et de la culture.
Dans son émission « De Plume & d’Esprit », elle a invité l’écrivain Alain Mabanckou, Jean-Michel Devésa et Ouabari Mariotti, ainsi que de grandes personnalités congolaises du monde littéraire, scientifique, politique et anthropologique. Sa conviction tient en une phrase : « Nous avons été dépossédés, mais nous ne sommes pas démunis. »
Une série de questions qui dérangent
Baptisée « Notre culture a besoin de toi », la cagnotte, hébergée sur OnParticipe et portée par Héritages Podcast, s’ouvre sur des questions d’apparence simple. Qu’y avait-il sur le territoire du futur Congo avant l’arrivée des colons ? Comment les ancêtres les ont-ils accueillis ? Comment vivait-on sous la colonisation, et comment l’indépendance a-t-elle été reçue ?
Pourquoi le premier président du pays a-t-il fini par démissionner ? Et surtout : de quoi est faite l’identité congolaise aujourd’hui ?
L’objectif est de recueillir ces récits, de les documenter et de les transmettre aux générations futures.
Pourquoi ce projet compte vraiment ?
Dans bien des sociétés, la mémoire collective repose en grande partie sur la parole : celle des grands-parents, des témoins, des anciens. Or cette matière est fragile. Chaque génération qui disparaît sans avoir été écoutée emporte avec elle une part du récit national. Documenter aujourd’hui, c’est empêcher que l’histoire ne soit racontée que par d’autres.
Le choix du podcast et du format audiovisuel n’est pas anodin. Il parle aux jeunes, il circule facilement entre le pays et la diaspora, et il rend accessible une histoire trop souvent cantonnée aux manuels ou aux cercles d’initiés. Pour des Congolais installés loin de chez eux, c’est aussi un moyen de renouer avec leurs racines.
Trois bonnes raisons de participer
La crédibilité de la porteuse du projet : Luccia Ongouya a déjà fait ses preuves : des livres publiés, une audience fidèle, des entretiens avec des figures littéraires majeures. Le projet n’est pas une promesse en l’air, il prolonge un travail déjà engagé.
L’urgence : On ne retrouve pas un témoignage disparu. Plus la collecte est tardive, plus elle coûte en récits perdus.
La simplicité du geste : Les participations sont libres, la plateforme est sécurisée et chaque donateur peut laisser un message, écrit ou vidéo. Un petit don, multiplié par la communauté, peut faire une vraie différence.
Où en est la collecte ?
Créée le 11 août 2026, la cagnotte avait réuni 700 euros auprès de 21 participants à la date de rédaction de cet article, avec 86 jours restants. Le chemin est encore long, mais le compteur ne demande qu’à grimper.
Pour contribuer, ou simplement relayer l’appel, rendez-vous sur la page de la cagnotte : https://www.onparticipe.fr/c/KKLcQt1Q